Kenny : Le tout-terrain made in France

La marque spécialisée dans le tout-terrain, leader du marché français, ne se contente pas de fabriquer des produits de qualité, elle sponsorise aussi les plus grands pilotes et participe à de nombreux évènements. Chaque année elle organise en Corrèze le plus grand rassemblement off road d’Europe : le Kenny festival ! Un évènement à ne pas manquer !

Pierre Guillemin, racontez-nous votre parcours. Comment êtes-vous devenu patron de la marque Kenny ?
J’ai 44 ans, cela fait maintenant 22 ans que j’officie chez Kenny. Une belle histoire qui a commencé par une belle rencontre. Je suis un passionné de deux-roues depuis mes 10 ans : mobylettes, motos de cross, motos de route. Pendant mes études, je travaillais, le samedi et les vacances scolaires, chez le concessionnaire local, Fourgeaud Moto, ce qui me permettait de gagner un peu d’argent pour vivre ma passion. J’ai suivi des études de communication et de commerce, j’ai donc tout naturellement commencé à travailler dans une agence de pub, comme chef de pub junior. Mais la vie nous réserve toujours de belles surprises et en 1995, sur un terrain de motocross, je rencontre le fondateur de la marque Kenny, créée en 1981, qui m’explique qu’il a du mal à s’exporter, du fait notamment d’un déficit marketing. Je lui parle de ce que je fais et, n’ayant aucune obligation, aucune attache, je lui propose de travailler gratuitement pendant deux mois pour l’aider à développer sa marque. L’entente entre nous a été immédiate et au bout de ces deux mois et plusieurs contrats décrochés, il m’a embauché. On a collaboré 6 ans, pendant lesquels j’ai développé les gammes et travaillé l’image de la marque. Nous sommes ainsi passés d’un chiffre d’affaires de 360 000 euros à 2,5 millions. En 2001, il m’annonce qu’il veut prendre sa retraite et souhaite me céder son entreprise. Je suis flatté, bien entendu, mais je n’ai que 27 ans et aucun capital. Je fais donc le tour de mes potes motards, et un concessionnaire local me dit « banco, je vais t’aider à financer ton projet ». On rachète Kenny quelques jours après le 11 septembre 2001, quand tout le monde se demandait si la terre n’allait pas s’écrouler.

Alors qu’il ne s’agissait que d’une marque de vêtements, vous avez fait de Kenny un équipementier complet…
On a continué à travailler l’image et la com. Puis j’ai eu la chance de rentrer la licence Oxbow, pour laquelle on a fabriqué et commercialisé les produits pendant 5 ans ; un super tremplin qui a permis de tirer un peu plus encore vers le haut l’image de la marque Kenny. Mais on a également eu la volonté de faire de Kenny une marque dédiée à la Moto Verte, cross, enduro, quad, rallye-raid, trial. L’idée était de fabriquer des gammes complètes pour équiper les passionnés de la tête aux pieds : du casque aux produits textiles et équipements de protection corporel jusqu’aux bottes. Et ce pour chacune des disciplines et avec plusieurs niveaux de technicité et de finition. En couvrant la totalité des segments du marché, nous sommes devenus un acteur et un partenaire commercial pour nos clients et pour les utilisateurs finaux. Par ailleurs, quand nous avons perdu la licence Oxbow, nous nous sommes lancés un nouveau challenge : s’attaquer à l’équipement du Cycliste Vert : descente, BMX et cross-country. Une clientèle différente de la moto, avec des produits différents mais également très techniques. Ce qui nous a permis de croiser l’ensemble de nos savoir-faire, moto et vélo, pour pouvoir continuer d’améliorer les produits. Aujourd’hui, le vélo représente 20 % de notre chiffre d’affaires qui est de 9 millions d’euros, poussés par la passion, l’envie du business… une vraie drogue. Quand on a les moyens de se camer à sa passion, c’est royal.

Aujourd’hui, bien évidemment, vous chapeautez tous les services, mais à quoi carburez-vous au quotidien ?
Ce qui me fait vibrer, c’est la mise au point des produits. Mon job le plus important est celui de directeur de collections, ou directeur artistique, qui m’amène à travailler avec les équipes en interne de concepteurs et de graphistes et quelques freelance. J’aime travailler à la conception d’un produit qui va répondre au mieux aux besoins du pratiquant. Pour cela, on travaille énormément avec des sportifs de haut niveau, tels que Cyril Despres qui nous a permis, grâce à son expérience, de développer des produits sur mesure ou presque.

L’évolution de l’image Kenny a été impressionnante en France, grâce notamment au sponsoring…
Kenny a commencé à sponsoriser des pilotes à la fin des années 90, notamment à l’Enduro du Touquet, qui avait un double avantage : il s’agissait d’un événement de motos vertes et c’était proche d’Amiens. C’était un peu notre bac à sable. Le premier pilote sponsorisé a été Arnaud Demeester, avec lequel on a gagné quatre fois l’Enduro. Aujourd’hui, la Moto Verte est un sport à part entière, il faut donc bosser la communication et le sponsoring pour se faire connaître et pouvoir montrer ce dont on est capable et quel service on peut offrir aux pilotes. Nous avons toujours investi dans toutes les disciplines Moto Verte, cross, rallye-raid, quad, depuis le début des années 2000. On a gagné plusieurs titres de champion de France, de champion du monde en rallye-raid, avec Cyril Despres, des Dakar, des rallyes du Maroc, de Tunisie. On a été présent dans le monde entier avec nos sportifs de haut niveau.

Que sera Kenny dans 10 ans ?
Aujourd’hui, nous sommes très bien positionnés sur le marché français et européen, avec des partenaires et des distributeurs dans l’ensemble de l’Europe. En revanche, nous sommes totalement absents dans un certain nombre de pays qui sont pourtant de vrais marchés, tels que l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Le marché américain, lui, est très protectionniste et concurrentiel… mais pourquoi pas !

Parlez-nous du Kenny Festival, un événement incontournable dans l’univers du motocross !
On a cette chance dans la moto de vivre des histoires incroyables, et le Kenny Festival en est une. Lorsqu’on travaillait avec la licence Oxbow, Fabrice Valéri, le fondateur de la marque, avait créé un festival, le Oxbow MX : une bande de copains, unis par la même passion, se réunissait sur un week-end pour faire des courses de motocross, un barbecue et boire quelques bières et bonnes bouteilles de vin. Cette manifestation a grossi de façon faramineuse jusqu’à devenir une classique. Mais Oxbow a émis le souhait d’arrêter ses activités moto. Le dimanche soir de ce qui devait être le dernier festival Oxbow MX, nous nous sommes retrouvés, Jean-Luc Fouchet , organisateur du festival, mais aussi du Supercross de Bercy, et moi, sous la tente, tandis que 600 motards pliaient bagages. Nous étions un peu tristes de voir mourir un tel évènement. Qui allait désormais réunir nos clients, nos copains le temps d’un week-end pour faire la bringue entre passionnés ? Je ne voyais que nous. Alors on a repris le festival, il y a maintenant 12 ans. Aujourd’hui, ce sont 95 courses et 2 500 pratiquants avec leurs familles, leurs copains et les accompagnateurs, soit 15 000 personnes sur le week-end. Un vrai Woodstock du motocross : sport la journée, convivialité le soir. Le Kenny Festival, qui se déroule le deuxième week-end de septembre à Reygades, en Corrèze, est aujourd’hui le plus gros rendez-vous de passionnés de cross en Europe. Il remporte un tel succès que, cette année, les 2 500 sportifs ont répondu présents en deux semaines !

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